vendredi 16 février 2018

Nouvel an chinois - 2018 狗的新年
Année du Chien

新年快乐 !  - Happy new year ! - Bonne année !

illustration insolite du passage de
l'année du coq à celle du chien avec ces
curieuses et authentiques armoiries
de famille : von Süssenheim (Styrie) 
Conrad Grünenberg Wappenbuch -
folio 346 (vers 1483) - BSB Munich :
"braque rampant tenant un coq par
le cou dans sa gueule".
 • Le 16 février à 00h00 en France, mais depuis déjà quelques heures plus tôt en Extrême-Orient, à cause du décalage horaire, nous passons de l'année lunaire du coq à l'année du chien. Et plus précisément : le chien de terre, car en astrologie chinoise, outre les douze signes qui se suivent dans un ordre constant , est associé un élément, cinq au total: terre, eau, feu, bois, métal, ce qui génère un cycle sexagésimal (60 ans) pour chaque combinaison. Ce système complexe est à la base de toute une philosophie basée sur le calendrier céleste, et en fait une affaire de spécialistes depuis des millénaires dans l'Est asiatique.
série de timbres commémoratifs chinois émis pour célébrer l'année du chien
 en 2018
et aussi des monnaies commémoratives 

couverture de manga japonais,  titre : "Viens, Kota !"
production de l'artiste Takashi Murakami
•  Le chien est considéré comme le premier animal à avoir été domestiqué. En effet, depuis la préhistoire, le chien domestique (Canis lupus familiaris) a toujours partagé l’existence des hommes. La véritable domestication du chien remonte à environ 10 000 ans (13 000 pour la Sibérie, 7 000 pour l’Anatolie), bien qu’il semble que, dans des temps plus reculés, l’homme ait pu établir un contact avec des loups, son ancêtre généralement admis. Les premières relations entre le chien et l’Homme devaient être fondées sur l’aptitude de ces animaux à la chasse, aidant les hommes à se nourrir, mais aussi les protégeant contre les prédateurs. Plus tard, quand l’homme s’est sédentarisé et a appris l’agriculture et l’élevage, le chien lui a servi de gardien de troupeau. Il semble que le chien soit apparu un peu partout dans le monde, en compagnie de l’homme, sous la forme de différentes races adaptées aux conditions climatiques et géographiques. Ceci explique en partie le nombre énorme de races de chiens (343), mais toujours en évolution, que les hommes ont produit par croisements ou sélection et ceci, à travers le Monde entier.
Un chien de type molossoïde a été représenté sur cet os il y a quelque 17000 ans. photo :  © Anne Maigret, C2RMF et MNA

La célèbre et hiératique image du chien (ou du chacal)
 empruntée par Anubis,  le Dieu funéraire égyptien
statue "Anubis sur ses secrets", coffre-chapelle portatif
trésor du roi Toutânkhamon ( Musée du Caire)
 • Dans les civilisations asiatique, égyptienne, assyrienne, grecque et romaine, les chiens étaient des gardiens et des compagnons fidèles, qui accompagnaient les hommes à la chasse et à la guerre. Les soldats sumériens disposaient ainsi de redoutables dogues qu’ils lançaient à la poursuite de leurs ennemis. L’emploi du chien dans les guerres ne s’est d’ailleurs jamais interrompu, mais, à présent, les chiens sont surtout affectés à la surveillance des installations.
 À l’opposé, certaines civilisations, en particulier égyptienne, en ont fait des dieux, à l’instar des chats : en Égypte, le dieu Seth était honoré sous l’aspect d’un lévrier et le dieu Anubis, représenté avec une tête de chacal ou de chien.



chien de race Akita inu, originaire du Japon et devenu tendance


.
 • Le chien tient une place importante dans l’art, et ce depuis que l’homme a commencé sa domestication. Son image se retrouve dans des fresques, des peintures, des gravures ou des sculptures. Aux Combarelles, en Dordogne, on trouve, sur des gravures rupestres datant de 30 000 ans avant notre ère, la représentation d’un chien bondissant. De même, dans les grottes d’Alpera en Espagne, une scène de chasse évoque des chiens poursuivant le gibier (- 15 000 à - 10 000 ans). Durant l’Antiquité, des chiens entrent dans la composition des mosaïques, ornent les urnes ou sont représentés sur des bas-reliefs.
  Au Moyen Âge, les représentations de chiens de chasse sont nombreuses. On reconnaît même aisément certaines races comme le lévrier (par exemple sur la célèbre tapisserie de la Dame à la licorne) ou le bichon. Pendant la Renaissance, des chiens sont représentés sur les tableaux de Bruegel, de Rubens, de Jérôme Bosch et de bien d’autres, plus tard encore...
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lundi 12 février 2018

A propos de PyeongChang 2018 : héraldique des Jeux Olympiques d'Hiver - 2nde partie : 1980 - 2018

 L es premières épreuves de sports d'hiver sont apparues en 1908 aux Jeux Olympiques de Londres avec le patinage artistique ! La dernière fois nous nous étions arrêtés à Innsbruck en 1976 , voir ICI .

   Les Jeux d'hiver sont organisés la même année que les Jeux d'été jusqu'en 1992. L'organe de direction des Jeux olympiques, le Comité international olympique (CIO), décide à partir de cette date de placer les Jeux olympiques d'hiver et d'été en alternance sur les années paires d'un cycle de quatre ans.



"Le drapeau olympique, on le sait, est tout blanc avec, au centre, cinq anneaux enlacés :
bleu, jaune, noir, vert, rouge ; l’anneau bleu en haut et à gauche à côté de la hampe.
 Ainsi dessiné, il est symbolique ; il représente les cinq parties du monde unies par
 l’Olympisme et ses six couleurs d’autre part reproduisent celles de tous les drapeaux
 nationaux qui flottent à travers l’univers de nos jours". C'est ainsi que le baron Pierre
 de Coubertin l'a imaginé et présenté avant sa première apparition réelle aux Jeux
 de 1920 à Anvers, en Belgique. Cet emblème est typiquement une figure héraldique,
 à la symbolique forte,  puisque le fait que les anneaux soient entrelacés, leurs couleurs
 propres et le fond blanc, évoquent un monde de diversité mais où règnent la paix,
la pureté, l'union, la fraternité entre les peuples du monde. Des notions humanistes bien
 théoriques et utopiques si l'on s'en réfère à l'actualité géopolitique et à l'Histoire
depuis un siècle. Et la dérive commerciale ou politique de l'évènement sportif
 lui-même contribue, également à poser certaines questions, mais ainsi va le monde...

Nous poursuivons donc l'énumération des sites olympiques.

carte des pays organisateurs des Jeux Olympiques d'Hiver depuis 1924 jusqu'en 2018.
on constate qu'aucun pays de l'Hémisphère sud n'a encore été sélectionné.


Voici donc la suite de la rétrospective des images et des symboles illustrant cette épopée humaine et sportive depuis son origine officielle , en repartant  de 1980 :


1980 -  Lake Placid (II) - États-Unis



logo olympique officiel

la médaille remise aux vainqueurs
la médaille souvenir remise aux autres participants 
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jeudi 8 février 2018

A propos de PyeongChang 2018 : héraldique des Jeux Olympiques d'Hiver - 1ère partie : 1924 -1976

L es premières épreuves de sports d'hiver sont apparues en 1908 aux Jeux Olympiques de Londres avec le patinage artistique !
 A cette époque, les jeux comportaient très peu d'épreuves, et certaines pourraient paraitre fantaisistes de nos jours, telles le tir à la corde, le jeu de paume, ou le motonautisme.
 Cette année-là, les épreuves avaient même été étalées sur toute l'année : d'avril à octobre !


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La demande de Jeux spécifiques hivernaux s'était exprimée très tôt, juste après la rénovation des Jeux par le baron de Coubertin, à la demande des membres du Comité olympique international (C.I.O.) français, canadiens et suisses, mais les pays scandinaves s'y étaient opposés, craignant une concurrence avec les Jeux Nordiques qu'ils organisaient déjà tous les quatre ans en Suède (Nordiska spelen en suédois), voir l'affiche ci-contre.
   Ces Jeux avaient été créés par un ami de Coubertin, le colonel Vickor Gustav Balk, et comportaient des épreuves de ski nordique et de patinage. Ils rencontraient une large adhésion populaire. Leur première édition eut lieu en 1901, puis tous les quatre ans jusqu'en 1913. Après la guerre, ils furent encore organisés en 1922 et en 1926 avant de disparaître au profit des Jeux Olympiques d'hiver.
   En 1924, en effet, le C.I.O. organisa la « Semaine des sports d'hiver » à Chamonix. Cette manifestation deviendra, a posteriori, les premiers jeux Olympiques d'hiver officiels, par décision du C.I.O., le 6 mai 1926 à Lisbonne. Auparavant, seules quelques épreuves sur glace, sur des patinoires par conséquent,  avaient été disputées uniquement aux Jeux de Londres et d'Anvers. Après cette date , les jeux se déroulent  tous les quatre ans de 1928 à 1936 et dans un milieu naturel approprié : montagne, neige et glace.. Ils seront ensuite interrompus par la Seconde Guerre mondiale et auront à nouveau lieu tous les quatre ans dès 1948. Les Jeux d'hiver sont organisés la même année que les Jeux d'été jusqu'en 1992. L'organe de direction des Jeux olympiques, le Comité international olympique (CIO), décide à cette date de placer les Jeux olympiques d'hiver et d'été en alternance sur les années paires d'un cycle de quatre ans.
carte des pays organisateurs des Jeux Olympiques d'Hiver depuis 1924 jusqu'en 2018.
on constate qu'aucun pays de l'Hémisphère sud n'a encore été sélectionné.




Voici donc une petite rétrospective des images et des symboles illustrant cette épopée humaine et sportive depuis son origine officielle , en 1924.


1924 - Chamonix - France

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armoiries de la commune de
 Chamonix-Mont-Blanc 
(France - Haute-Savoie)
comme souvent, la municipalité n'utilise pas
son blason pourtant très parlant, mais un logo

logo actuellement en service en 2018 : encore plus minimaliste !

la médaille remise aux vainqueurs

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mercredi 31 janvier 2018

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Languedoc - Sénéchaussée de Béziers

S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

Nous poursuivons avec la découverte du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Gouvernement de Languedoc. Après la Sénéchaussée de Toulouse, le pays de l'Albigeois et du Castrais, la Sénéchaussée du Lauragais, celle de Carcassonne, nous abordons le cinquième chapitre dédié à la Sénéchaussée de Béziers. Cette ancienne entité administrative était composée des territoires de trois diocèses : Agde, Béziers et Lodève, aujourd'hui rassemblés dans une grande partie du département  de l'Hérault.



     Revenir à l'épisode précédent →

Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir 






  Les fragments de manuscrits proviennent cette fois du Volume II. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*)  Armorial Général de France  -  volume XIV  -  Languedoc 1ère partie  
       Armorial Général de France  -  volume XV  -  Languedoc  2e partie  (BNF Paris)



Béziers (Hérault)
  Bel exemple de constance à travers les siècles dans ce blason : selon la plupart des sources, ces armes "d'argent à trois fasces de gueules" (sans le chef de France rajouté plus tard, après la conquête du Languedoc) remonteraient au XIIIe siècle avec les armes des anciens vicomtes de Béziers, et en particulier la maison de Trencavel , également seigneurs d'Albi et de Carcassonne.


Agde (Hérault)

  Ici encore, la constance de cette figure est remarquable. L'ancienne cité épiscopale est située sur le petit fleuve de l'Hérault qui se jette dans le Golfe du Lion à quelques kilomètre de là, ceci expliquant les ondes d'azur.




Lodève (Hérault)


  Pour cette autre ancienne cité épiscopale, on observe à l'inverse des précédentes, une évolution progressive du blason. Parti d'une simple croix d'or sur champ d'azur (qui seraient les armes personnelles d'un ancien évêque de Lodève, Gaucelin de Montpeyroux (1162-1187), ont été rajoutés des meubles dans les quatre cantons : étoile, croissant et les initiales L et D, tantôt d'or ou d'argent, et enfin en cœur un écusson d'azur chargé d'une fleur de lis d'or, apparu avec la restauration des armoiries, après la Révolution et le 1er Empire, le 3 février 1819, sous le règne de Louis XVIII.



Pézenas (Hérault)

  Nous retrouvons, d'une : la constance du blason dans le temps, et de deux : les armes de l'ancienne vicomté de Béziers, le champ augmenté d'un franc-quartier d'or au dauphin d'azur. Le chef d'azur aux fleurs de lys d'or daterait de 1262, date à laquelle le territoire et la ville passent dans le domaine royal, consécutivement à la Croisade des Albigeois. Le canton au dauphin a été concédé par le Dauphin Charles (futur Charles VII) en 1419, pour récompenser la fidélité de la ville à sa cause, face aux troupes anglaises, durant la Guerre de Cent ans.




Clermont -l'Hérault (Hérault)

  Très souvent, on l'a déjà vu, l'auteur du manuscrit a préparé comme ici,  un emplacement pour y dessiner les armoiries des villes pour lesquelles il a rédigé un descriptif. Mais les écus sont restés désespérément vides. Nous en ignorons la raison : manque d'information fiable, manque de temps, on ne le saura jamais. .
 Le blason utilisé actuellement est le même que celui publié dans l'Armorial Général de France, constitué d'après l'édit royal de 1696.
 A noter également  : l'ancienne dénomination oubliée de la ville : Clermont -de-Lodève.



Gignac (Hérault)


  Le blason actuel possède une similitude avec celui publié dans l'Armorial des États de Languedoc par Denis-François Gastelier de La Tour, édité en 1767 (voir → ICI).  Celui décrit par La Planche présente un château au lieu d'une tour et un chef d'azur chargé des fleurs de lis, peut être confondu avec d'autres blasons semblables de villes de la région  (Castelnaudary, Lavaur, Cordes).
  Enfin, celui provenant de l'Armorial Général de France fait partie d'une de ces interminables séries de blasons confectionnés méthodiquement et à la chaîne par Charles d'Hozier, mais ici avec une base constante: des figures losangées (pièces honorables : chefs, fasces, pals, bandes, croix, chevrons, etc... voir → ICI). Beaucoup de communes ont néanmoins conservé ces armoiries attribuées d'office, malgré leur caractère aléatoire et la confusion inévitable entre elles qu'elles entraînent ! Mais il faut savoir que les municipalités les avaient payées assez cher aux percepteurs d'impôts royaux : jusqu'à 50 livres tournois.


Montagnac (Hérault)





[_)-(_]



D'autres lieux ou villes sont juste décrits par le texte, sans blason ni mention s'y rapportant :  Canet, Saint-Guilhem-le-Désert, l'Abbaye de Valmagne (commune de Villeveyrac), Saint-Thibéry Florensac, Marseillan, Mèze, Loupian, Murviel (-les-Béziers), Saint-Jean-de-Fos, Bédarrieux.

# cependant, quelques années plus tard, certains lieux ou villes (en gras, ci-dessus) ont été enregistrés et blasonnés dans l'Armorial Général de France.  Ces blasons sont encore d'actualité, pour certains, à quelques détails près



Canet (Hérault)


Saint-Guilhem - le Désert
(Hérault)







Saint-Thibéry (Hérault)



Marseillan (Hérault)


Mèze (Hérault)


Murviel -les- Béziers
 (Hérault)


Saint-Jean-de-Fos (Hérault)



Bédarieux (Hérault)


  Un très grand nombre d'autres villages de la région, nommés "communautés des habitants" (Com. des hañs) dans les registres de l'Armorial Général de France ont été identifiés et enregistrés avec des armoiries la plupart attribuées d'office. Il serait fastidieux de les lister tous ici, d'autant que certaines localités ont été absorbées par les nouvelles communes constituées après la Révolution. Toutefois vous pouvez vous amuser à les rechercher dans les ouvrages numérisés chez Gallica, dont je donne les liens ci-dessous, et accessoirement aussi dans les très intéressantes fiches listées département par département sur le site : armorial de france.fr


A bientôt pour une nouvelle série ...


Crédits :
les blasons "modernes" sont empruntés  à : armorialdefrance.fr/

les extraits des manuscrits proviennent de :
- Bibliothèque et Archives du Musée du Château de Chantilly :
   . www.bibliotheque-conde.fr/ressources-en-ligne/
- Bibliothèque nationale de France à Paris : 
   . gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111467n
   . gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1114681



             Herald Dick  
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